Trouble du désir, du plaisir, troubles de l’érection... Aujourd'hui et d’après une étude IFOP/Lilly, près de la moitié des français (45%)se disent prêt à en parler à un médecin. Sauf que dans la pratique peu osent finalement consulter ou aborder le sujet.

Hommes – femmes : des désirs différents. Le toucher est le sens le plus important lors d’un rapport sexuel, aussi bien pour les hommes que pour les femmes (87%). Cependant on retiendra que la vue est elle aussi importante, notamment pour les hommes qui y sont deux fois plus sensibles (53%) que les femmes (27%).

De manière générale, les femmes se montrent plus sensibles que les hommes à des sens moins fréquemment associés à l’acte sexuel comme l’odorat ou l’ouïe et accordent ainsi plus d’importance au partage d’un bon repas (61% pour les femmes, 46% pour les hommes), aux parfums et odeurs de leur partenaire (88% pour les femmes, 86% pour les hommes)1... En effet la plupart du temps, dans leur baisse de désir, les femmes mettent en avant le fait qu’elles n’ont pas le temps d’avoir envie, leur partenaire étant toujours plus demandeur qu’elles.

Les troubles de la sexualité, un sujet encore tabou Baisse du désir : la première difficulté sexuelle rencontrée... et la plus taboue. Le trouble du désir est de loin le problème le plus fréquemment rencontré au sein du couple : il concerne 53% des personnes interrogées, devant les difficultés à avoir du plaisir (39%), les problèmes d’érection (31%), l’éjaculation précoce (30%) ou la simulation du partenaire (20%).

On constate par ailleurs que des problèmes spécifiquement masculins comme les troubles de l’érection ne sont pas forcément les plus tabous dans le couple. Ainsi 47% des français considèrent la baisse de l’attirance pour son partenaire comme la difficulté sexuelle la plus difficile à aborder. «On associe l’absence d’envie avec l’absence d’amour, alors que ce sont deux choses réellement séparées, si on dit à son partenaire que l’on n’a pas envie, l’autre entend « je n’ai pas envie de toi », c’est de là que viennent les difficultés » explique le Dr Sylvain Mimoun.

Partenaire, médecin, famille : comment en parler ?

Pour une majorité de français (54%), l’interlocuteur privilégié en cas de difficultés sexuelles est son partenaire. Le médecin apparaît ensuite comme la seconde personne vers laquelle on se tourne en cas de problème (45%), notamment pour les hommes qui se déclarent beaucoup plus disposés (55%) que les femmes (36%) à se tourner vers un professionnel de santé. Le Dr Marie-Hélène Colson indique que « depuis longtemps lorsque l’on parle par exemple de troubles de l’érection, il ressort des études que les hommes disent vouloir parler de leurs problèmes à leur médecin. Or dans les faits, ils ne viennent pas. Et quand ils viennent, ils attendent en général que le médecin aborde le sujet ».

Pourquoi les hommes et les femmes ne consultent pas lorsqu’ils ont un problème sexuel ?

Selon une étude publiée en 2009, 36% des hommes et 38% des femmes ne consultent pas car ils considèrent que leur problème sexuel n’est pas très grave. Certains vont même plus loin : 25% des hommes et 28 % des femmes retardent la consultation en se disant que le problème est du à l’âge et qu’ils sont finalement bien comme ça. 14% des hommes et 13% des femmes pensent que le médecin ne peut rien faire pour eux ou que leur problème n'est pas d'ordre médical. Enfin, 2,5% des hommes et 5% des femmes se sentent mal à l'aise pour discuter des problèmes sexuels avec leur médecin.

Troubles érectiles et baisse de désir

On confond souvent chez l’homme baisse de désir et baisse d’érection. Autant la baisse de désir est très fréquente chez la femme, autant l’un des problèmes n°1 chez l’homme est le trouble de l’érection, qui n’est pas la même chose que la baisse du désir.

Les hommes sont deux fois plus nombreux (40%) que les femmes (21%) à admettre avoir rencontré des troubles de l’érection dans leur vie de couple. « Cela ne veut pas dire que l’homme en parle plus facilement que la femme, au contraire ! Cet écart démontre surtout qu’un homme qui a une « demie-panne » d’érection considère cela comme un échec même si le rapport a eu lieu, alors que la femme n’y a pas accordé d’importance » explique le Dr Marie-Hélène Colson, sexologue à Marseille.

La dysfonction érectile est une véritable maladie qui se soigne de mieux en mieux, encore faut-il la diagnostiquer précisément, sans trop attendre. Le Dr Colson insiste : « Dans le cas d’un trouble de l’érection, il est dommage de laisser la situation se détériorer étant donné les moyens que nous avons aujourd’hui pour trouver une solution. Espérer s’en sortir seul, c’est payer cher en énergie psychique ».

L’amour n’a pas d’âge, la sexualité non plus !

Pour plus de 8 français sur 10 (83%) , il n’y a pas d’âge à partir duquel on cesse définitivement de faire l’amour. Cette proportion augmente d’ailleurs avec l’âge des répondants : de 79% chez les moins de 35 ans elle passe à 84% chez les 35 – 49 ans et à 91 % chez les 50 à 64 ans. Pour les 65 ans et plus, la tendance s’inverse et passe à 80%.

Et si l’amour devait avoir un âge ? En moyenne, les personnes qui considèrent qu’il y a un âge à partir duquel on cesse définitivement de faire l’amour situent cet âge autour de 73 ans